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De Meknès à Agen en Océane

mercredi 25 novembre 2009, par Jean-Claude


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L’histoire qui suit a été éditée (entre autres récits et infos techniques) il y a bien longtemps dans le Bulletin Service du club en février 2002.
Histoire véridique qui comparée aux circuits empruntés lors des rallye raids actuels n’aurait rien d’extraordinaire sauf que l’Océane sortait de plusieurs dizaines d’années de léthargie, abandonnée dans le "désert" et qu’elle a repris la route après une "vidange-graissage" (j’exagère à peine) pilotée par des garçons absolument novice en mécanique automobile ce qui fut d’ailleurs la grande chance de cette SFM pour pouvoir revenir au pays…
Les frères Cornette de Saint Cyr, adhérents n° 37 reviennent en cette année 2009 vers le club ayant décidé de donner une nouvelle vie à la voiture, car après un nouveau sommeil dans un garage agenais (47 Lot et Garonne), ils ont décidé de la remettre en route dans ces normes de sécurité découvertes depuis l’épopée.
Nous espérons d’ici peu donner une suite à cet article avec des essais sur route, le résultat d’un CT made in France, de nouvelles photos etc…


En août 2001, un certain après midi, je reçu un appel téléphonique à quelques mots prés comme ceci :
- Suis-je bien au Club des Simca ? .....
- Heu...oui...
- Car je rentre du Maroc avec l’Océane de ma Grand-mère, et cette voiture n’ayant pas roulée depuis au moins 20 ans, j’aurais besoin de conseils....!!!!
J’ai cru au canular au tout début, car on m’en fait parfois...
Mais c’était vrai, et une fois les conseils donnés, en plusieurs fois, le jeune homme me proposa de venir me faire voir l’auto, ce que je lui déconseillais formellement, les miracles n’ont lieu qu’une fois, et les 130 km ; qui séparent Puymirol de Léognan risquaient fort d’être fatals à l’Océane, et notre candide ami avait besoin d’être un peu freiné, il vint donc en " normale" à la maison, et bien lui en pris car dès le lendemain, elle entama une série de pannes qui ne sont pas encore toutes résolues.
absence de pièces sur le carbu, pompe essence h.s. ,échappement pourri, pannes répétitives d’allumage, réservoir d’essence crachant les impuretés stockées en 40 ans et décapées par le sans plomb, et les durites ? et les freins ? comment sont ils ?...

Il m’intéressait de vous faire vivre cette aventure et Bertrand accepta d’en faire le récit pour qu’il vous soit conté, et après quelques relances, car notre homme est débordé de travail dans sa bonne ville de Paris, il m’envoya en janvier pas moins de 9 pages de récit (pour se racheter de l’inquiétude qu’il m’avait procurée par son silence ?) que je relate ci après( dépaysement garanti) et "chapeau" aux deux frères pour avoir eu le courage d’entreprendre cette aventure, quoi que je pense pouvoir dire, sans méchanceté aucune, connaissant un peu Bertrand pour l’avoir donc rencontré au siège du club, que leur ignorance en connaissances mécanique les a aidé à franchir le (grand ) pas sans trop réfléchir !
Et, coïncidence, c’est a l’époque du Paris-Dakar que je tape les lignes du récit Meknès-Agen , sur routes normales il est vrai, mais en ancienne, et sans assistance !
Reconnaissons qu’elles sont formidables nos petites autos ! particulièrement celle des frères Cornette !

Origine de ce dessin humoristique : bibliothèque Ph. Laplace

..........et Bertrand nous conte......

Cette voiture fût offerte à ma grand-mère par mon grand-père qui était médecin au Maroc.
Mon frère Arnaud et moi même avions toujours eu pour cette voiture un sentiment nostalgique qui mêlait étrangement la lumière, les odeurs, et les sons enchanteurs du Maroc aux souvenirs de notre enfance passée en grande partie là-bas.
Elle était toujours sous un grand figuier, à l’abri du soleil et lorsqu’elle démarrait, nous nous précipitions pour enlever les grandes feuilles qui étaient tombées sur les sièges et le capot.
Au cours d’un week-end prés de Pâques, notre grand-mère nous annonça d’un ton solennel : la "chapeau" * est toujours à Meknès, et je sens qu’elle va y mourir si personne ne va la chercher, aux coeurs vaillants, je donnerai cette voiture...!

Notre sang ne fit qu’un tour. après plusieurs coups de fil, nous avions organisé notre voyage : Départ Paris-Orly, arrivée Rabat, puis Meknès, nuit à l’hôtel et dès le lendemain matin visite au garagiste avec qui nous avions rendez-vous et qui avait sorti la voiture de sa future tombe, un tas de sable exposé aux intempéries sur laquelle elle se reposait depuis des années.

9 heures du mat. nous sommes au garage ( tôle ondulée et terre battue) et elle est la telle que nous l’avions connue 30 ans auparavant ! Aucune trace de corrosion, complète( hormis l’auto radio qui avait disparu,) un rêve... qui
deviendra vite un petit cauchemar :
Le garagiste nous relata le travail effectué : 2 jours pour la faire démarrer, les pneus étaient cuits et elle reposait sur les jantes, les freins bloqués, plus d’allumage, radiateur rempli de sable, etc...etc... Allons faire un tour nous dit le garagiste !
Le moteur démarre au quart de tour, et à trois dans la voiture nous voila partis chercher de l’essence, il fait soleil et le cabriolet blanc fait sensation !
Mais quelques minutes plus tard l’aiguille du thermomètre d’eau est dans le rouge, on arrive à la station , ouvrons le capot, et voyons bouillir le radiateur. Personne ne semble pourtant s’inquiéter et le pompiste, malgré l’ordre de ne pas faire le plein remplit le réservoir et... l’essence coule sous la voiture,( réservoir percé) puis c’est le tour du carburateur de projeter de l’essence sur le moteur brûlant !!!
"ce n’est pas grave" dit le garagiste, retournons au garage pour voir tout ça.. Après une nouvelle ébullition nous avouons être inquiet : Meknès -Agen est ce possible ?
Notre rêve semble s’arrêter là ! La voiture ne peut faire plus de 10 km !

On décide néanmoins que le garagiste devra tout réparer pour le lendemain matin sinon retour à Paris et adieu la Simca !
Les grands moyens sont employées : 1 paquet de lessive dans le radiateur, bricolage du carbu, tête de delco d’occase plus vieille que l’auto, bouchage des trous de l’échappement et du réservoir, etc...mais pas de jauge à essence...
En fin de journée, nouvel essai, notre vaillant garagiste au volant nous fait rouler à 130 à l’heure, puis freinage à mort sans dévier, et le moteur ne chauffe plus !
Le génie du bricolage a fait son oeuvre et le lendemain matin la voiture à 30 mètres du contrôleur, passera en quelques secondes le contrôle technique, puis acquisition de la vignette(ça existe encore au Maroc) obligatoire pour passer la douane, et on prépare le départ du lendemain : Meknès-Tanger .


7h.30 il fait beau et frais, la ville se réveille au son des prières du Muezzin, petit moment d’exaltation, le moteur ronronne gentiment, les routes sont désertes !
Nous nous sommes fixés la vitesse maxi de 65 km/h ; et avons le coffre plein de bidons d’essence( pas de jauge !)
Fort heureusement le temps se couvre, le fond de l’air est frais, et le restera jusqu’à Tanger, cela est rassurant pour le radiateur...
14 h . arrivée au port (non stop depuis le matin), la voiture rentre dans le ventre du bateau après les formalités douanières, (pourvu qu’elle redémarre !!!)

La traversée dure 2 h. et nous arrivons miraculeusement 2 minutes avant le bouclage de l’embarquement sur l’auto train Algésiras -Madrid ( erreur de calcul due à l’oubli du décalage horaire Afrique-Europe). Pourvu qu’elle redémarre à Madrid !
Au petit matin arrivée et redépart sans problème de Madrid par la route.
Il est 8 h. et il fait très chaud déjà, les routes sont désolées et arides, la température monte, nous roulons décapoté, mais toujours à 65 km/h.
Nous voici à Burgos le vent est brûlant, les routes désertes, puis c’est le Pays Basque ou le ciel se couvre et il fait de plus en plus froid, on recapote, et le moteur tient toujours malgré les fortes pentes montées et descendues , nous ne sommes pas rassurés...
Enfin nous passons la frontière et victoire, nous sommes sauvés, une panne en France c’est jouable !
Quelques heures plus tard, nous arrivons chez nous dans le Lot et Garonne à 2 h. du matin.
Nous rendons hommage à notre vaillant garagiste et à son fils ( Messieurs Larbi) qui ont, avec des moyens très limités, réussi en 3 jours à faire redémarrer une voiture bloquée depuis plus de 20 ans et ce, sans aucune pièce de rechange mis à part 1 batterie et 4 pneus.
Il nous a dit qu’avec un petit peu de temps, il pouvait nous faire un radiateur exactement à l’identique, et que c’était très facile...

Mon frère et moi sommes partis dans cette petite aventure ( 1.500 km. en 2 jours) sans rien connaître des questions les plus élémentaires de mécanique.
Nous allons maintenant bichonner cette voiture et lui rendre sa joie de vivre des années soixante !
J’ai appris en revenant en France les mots étranges de Delco, vis platinées, etc...
Nous avons contacté le président du club qui nous a aidé à trouver les pièces détachées nécessaires...

Ensuite Bertrand fait l’éloge de l’accueil au club etc... que notre modestie ne nous permet pas d’écrire.

* La voiture était baptisée " chapeau " par les gens au Maroc, à cause de la capote qui lui servait de chapeau !
De même ils appellent les pneus " sabbatt taumobile" ( les chaussures de la voiture)
Ces analogies dans le langage sont nées dans les années 30 et ont perduré jusqu’ à aujourd’hui.

Bertrand et Arnaud Cornette.

Par jcs, président du club qui vient d’enregistrer ce mois de novembre, les adhérents n° 212 et 213…Ce même mois vous avez pu voir que Philippe a lui, enregistré le recensement de la 226° SFM !





Jean-Claude

Président du club.



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